Les habitats de la faune sauvage une question de société, les préserver une nécessité collective

Progressivement au travers des deux schémas départementaux de gestion cynégétique précédents mais aussi et surtout dans les actions menées par la Fédération départementale des chasseurs de la Saône-et-Loire sur les habitats de la faune sauvage depuis le début des années 2000, le caractère à la fois territorial mais également partenarial de ce sujet s’est affirmé.

Tout d’abord, il semble nécessaire de conserver les éléments de définitions et de situations précisés dans le précédent schéma :

« L’habitat est considéré comme un espace géographique auquel sont attachées des caractéristiques géologiques, climatiques mais aussi des pratiques humaines. En effet, il faut convenir que les habitats naturels n’existent plus au sens où, dans notre département, les habitats de la faune sauvage sont essentiellement générés par les activités humaines, quelles soit agricoles, sylvicoles, voire aquacoles, de loisirs etc. Certains habitats sont relativement temporaires comme certaines zones humides ou friches industrielles par exemple, d’autres durables comme les forêts. Mais globalement et à l’échelle de la vie des espèces et des espèces de gibier, ces habitats sont régulièrement pénétrés et transformés par l’homme ».

Force est de constater que l’impact de l’homme sur les habitats de la faune sauvage est toujours plus prégnant. Le gibier vit au sein d’habitats artificiels générés par les activités humaines. Toutefois, les processus naturels continus plus ou moins bien de s’y dérouler. Ainsi les espèces parviennent, au moins pour une partie d’entre elles, à accomplir leur cycle annuel voire pluri annuel dans ces habitats particuliers différents de leurs habitats originels. Il faut absolument tirer les conséquences de cet état de fait. Concrètement, il s’agit pour le monde de la chasse de mesurer toute l’importance qu’ont les activités humaines sur les habitats du gibier et de proposer des adaptations favorables mais également acceptables aux plans économique et social au maintien ou au développement du gibier.

Tel que cela a déjà été souligné dans les précédents schémas, les chasseurs seuls n’ont pas les moyens d’influer sur le devenir des habitats de façon à ce qu’ils restent favorables à la présence du gibier. Il faut donc participer collectivement à cette démarche. Et cette démarche est aujourd’hui sociétale, c’est celle du maintien plus global de la biodiversité voire de la préservation au sens large de l’environnement. Elle fait l’objet de grandes réunions internationales à répétition ces dernières années mais aussi et surtout de travaux de tous les jours dans nos territoires.

L’organisation territoriale de notre société vient donc orienter fortement les travaux de la Fédération des chasseurs de la Saône et Loire en matière de conservation et de restauration des habitats du gibier.

La Fédération des chasseurs affiche clairement des objectifs de développement durable depuis son premier SDGC. Le sujet des habitats est particulièrement concerné par un « développement durable » puisqu’il est le socle nécessaire à toute production naturelle de faune sauvage et de gibier en particulier. Le développement durable ne peut-être que collégial, partagé, partenarial. Il implique la prise en compte d’une multitude de critères et notamment d’activités humaines (agriculture, sylviculture, construction d’infrastructures linéaires, urbanisme, usages divers) mais également de conséquences de ces activités telles que disparition et fragmentation des habitats de la faune, pollutions, changement climatique, augmentation des espèces exotiques envahissantes…

Il s’agit donc pour les chasseurs d’intégrer la société pour débattre de ces situations, apporter et faire partager des points de vue, proposer et mettre en œuvre des solutions.

Cette analyse a donc conduit la Fédération départementale des chasseurs à orienter ses actions en matière d’habitats du gibier en conséquence ; la présentation qui suit et les orientations retenues pour ce schéma visent à renforcer sensiblement le travail déjà réalisé dans ce sens ces dernières années avec un objectif :

« Conserver aux habitats générés par l’homme, les facultés de voir se maintenir ou se redévelopper des processus naturels assurant la pérennité des espèces en général et du gibier en particulier ».

Dans le bilan du précédent schéma on retiendra une évolution sensible de l’orientation du travail mené sur les habitats par la Fédération. Cette évolution s’est traduite concrètement à plusieurs niveaux en matière de :

  • représentation où la Fédération des chasseurs de la Saône-et-Loire a investi plusieurs commissions départementales majeures traitant des questions d’organisation territoriale, de consommation des terres agricoles et « naturelles » ou d’orientation des activités agricoles. D’autres représentations sont également assurées par le niveau régional avec des représentants des Fédérations départementales ou de la Fédération régionale des chasseurs dans des instances traitant des orientations sylvicoles, du développement de la forêt en Région ou de la certification forestière, des aspects sanitaires pouvant intéresser également les habitats et pas seulement les espèces, des mesures agro-environnementales, etc.
  • contribution dans l’élaboration des documents d’orientation des politiques régionales, de certains documents d’urbanisme, de documents didactiques à l’attention des acteurs du monde rural sur leurs pratiques par rapport aux milieux…
  • proposition d’actions concernant la gestion partenariale de milieux tels que les bocages, certaines régions d’étangs…
  • mise en œuvre d’actions comme la valorisation du bois bocager, l’évolution de différentes pratiques agricoles…

Ces différents axes de travail et leur communication ont permis de répondre au moins en partie aux quatre idées majeures retenues dans le SDGC précédent 2012/2018 au sujet des orientations concernant les habitats de la faune sauvage.

Pour ce nouveau SDGC, il est apparu nécessaire de déterminer les enjeux essentiels pour les chasseurs relatifs aux habitats, afin d’élaborer des orientations et les hiérarchiser. Une nouvelle grille de lecture des actions à mener en faveur des habitats permet de s’adapter au contexte, aux différentes échelles géographiques et organisationnelles. Les orientations ne sont plus déclinées en fonction des types d’habitats. En effet, aujourd’hui les travaux qui peuvent être menés sur les habitats du gibier dépendent plus de l’organisation du territoire que des activités même qui y sont menées.

De plus, cette grille affiche volontairement un nombre d’items simplifiés et concentrés pour limiter les répétitions d’actions communes aux différents habitats et orientations présentes dans le précédent SDGC.

Les enjeux

Les enjeux majeurs concernant les habitats de la faune sauvage et du gibier pour la FDC71 et retenus pour organiser les actions de la FDC 71 sur ce sujet sont les suivants :

  • Disparition d’habitats
  • Dégradation, fragmentation et modifications d’habitats
  • Conservation et ou amélioration des fonctionnalités biologiques naturelles (dans des écosystèmes aujourd’hui très majoritairement artificiels)

Les travaux

Ils sont de six types :

  • Acquisition de connaissances
  • Diffusion de connaissance
  • Représentation
  • Contribution (apport d’informations, de données, de connaissances à dire d’experts) / proposition (suggestions et/ou recommandations)
  • Mise en œuvre d’actions
  • Evaluation et communication

 Les échelles territoriales de travail

Les échelles d’intervention retenues sont :

  • L’exploitation agricole
  • Les collectivités territoriales
  • Les autres échelles pertinentes telles que les massifs forestiers, les régions d’étangs et le réseau hydrographique…

Les partenaires ou acteurs impliqués (liste non exhaustive)

  • Thématique Agricole : Chambre d’agriculture, coopératives agricoles, Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER), Fédération des Coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA) de Bourgogne (antenne Saône-et-Loire), Réseau rural régional, agriculteurs, entreprises de travaux agricoles, établissements d’enseignement agricole, Groupe bois départemental, ONCFS (délégation régionale), forestiers (Centre régional de la propriété forestière)
  • Thématique Environnement : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), associations de protection de la nature ou de l’environnement (FDC agréée au titre de l’environnement), Agence française pour la biodiversité (AFB), Préfecture/Direction départementale des territoires, Conseil départemental, Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, EPTB, CREN
  • Thématique Aménagement du territoire : Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, pays, communautés de communes, communes, syndicats de rivière, bureaux d’étude, Agence technique départementale, Conseil départemental, particuliers…

La FDC siège également (administrateurs ou personnels) dans diverses commissions traitant ces thématiques (comité technique départemental SAFER, Commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPNAF), Commission départementale d’orientation de l’agriculture (CDOA), Réserve naturelle nationale de la Truchère-Ratenelle…). Cela contribue à l’intégration sociétale de la chasse, de la Fédération des chasseurs, à la reconnaissance de ses compétences… Siéger dans ces organes, c’est également poursuivre la politique initiée au niveau national par la Fédération nationale des chasseurs et donner de la cohérence au message des chasseurs de France.

Les travaux sont regroupés dans un seul tableau ci-après ; ils sont susceptibles de répondre à un ou plusieurs des trois enjeux majeurs identifiés.

Tableau des travaux (Extrait du SDGC 2019/2025 – Orientations « Les habitats de la faune sauvage »)